Pourquoi je scrolle encore alors que je suis crevé

23h12. La lumière est éteinte sauf celle de l'écran. Les yeux piquent, le pouce continue. Encore cinq minutes.

Le bâillement est venu vers 22h. Le lit était fait, la couette rabattue, et le téléphone est resté dans la main. Souvent ce n'est même pas intéressant, et tu le sais en le faisant. Ce qui retient, c'est que fermer l'écran, c'est fermer la journée. Et à cette heure-là, ça veut dire se retrouver seul avec ce qui reste. Je trouve ça touchant, cette façon de garder la journée ouverte un peu plus longtemps.

Dans le noir, sans rien à regarder, il y a de la place. Une phrase que quelqu'un a dite ce matin. Un truc pas fait. Une inquiétude qui n'a pas eu le temps d'exister parce que la journée était pleine. Le défilement occupe cette place. Il n'apaise pas, il empêche juste quelque chose de commencer. Une image chasse l'autre avant que la première ait dit quoi que ce soit. Et le lendemain se paie en fatigue.

Fermer l'écran, c'est fermer la journée.

Je me demandais…

Qu'est-ce qui t'attend dans le noir, le soir, que tu préfères garder pour demain ?