Pourquoi je relis un message trois fois avant de l'envoyer
Il est 22h47. Le message est écrit depuis une minute, et ton doigt reste au-dessus de la flèche.
Trois phrases, parfois une ligne. « Est-ce qu'on peut se voir cette semaine » devient « Est-ce qu'on pourrait se voir cette semaine, si tu as le temps, pas de souci sinon ». Le sens n'a pas bougé. Le poids, si. Tu retires un point d'exclamation qui faisait trop content, tu ajoutes un smiley pour rattraper une phrase trop sèche. Puis tu envoies, souvent la version du début. Franchement, elle était déjà bien la première fois.
Ce que tu relis, ce n'est pas la formulation. C'est le visage de la personne en train de lire, et ce qu'elle va penser de toi. Il n'y a pas de bonne version : tu ne relis pas pour elle, tu relis pour toutes les réactions qu'elle pourrait avoir. Le mot que tu enlèves, tu le remets deux lignes plus loin. Et ce que ça prend, ce n'est pas le message, c'est ta soirée.
Tu ne relis pas pour elle, tu relis pour toutes les réactions qu'elle pourrait avoir.
Je me demandais…
Tu enverrais quoi, ce soir, si tu savais que personne ne va t'en vouloir ?