Pourquoi je justifie chaque décision que je prends, même les petites

Tu prends un thé au lieu d'un café et tu ajoutes tout de suite : parce que j'en ai déjà bu deux. Personne n'avait rien demandé.

Tu dis que tu pars à 17h30 et tu enchaînes avec parce que j'ai un truc ce soir. Tu choisis le film et tu précises parce que l'autre me fait peur. Le parce que sort collé à la phrase, avant même qu'un visage en face ait bougé un sourcil. Ça me touche, ce petit papier que tu tends d'avance, au cas où on te le demanderait à la porte.

Ce n'est pas qu'on te demande des comptes. C'est qu'il y a eu un temps où choisir sans expliquer coûtait cher : un silence qui durait, un pourquoi tu as fait ça qui n'était pas vraiment une question. Tu as appris à habiller la décision pour qu'elle passe. Maintenant tu l'habilles même quand personne ne fronce rien. Et tu ne sais plus dire ce que tu veux sans dire aussi pourquoi tu y as droit.

Le parce que n'est plus une réponse à une question posée.

Je me demandais…

Tu aurais encore le droit de choisir, si tu n'avais aucune bonne raison à donner ?