Pourquoi je repense à ce que j'ai dit en réunion
Il est 15h40, tu es revenue à ton bureau, et une phrase que tu as dite cet après-midi tourne encore.
Tu as dit « je pense qu'on devrait revoir le budget avant de signer », et pendant deux secondes, personne n'a répondu. Quelqu'un regardait son écran, quelqu'un buvait son café. Tu as cherché un signe sur les visages. Puis on est passé au point suivant, et la réunion a continué comme si de rien n'était. Deux secondes, c'est rien, et ça pèse une tonne.
Le soir, en faisant la vaisselle, la phrase revient. Tu la reformules plus courte, puis dans une version où tu ne dis rien du tout. Ce que tu cherches, c'est une réponse à ces trois secondes, et ces trois secondes n'en avaient pas. Ça te prend ton après-midi, et un peu de l'envie de reprendre la parole demain.
Tu cherches une réponse à trois secondes qui n'en avaient pas.
Je me demandais…
À quoi ressemblerait ta journée, si le silence des autres ne disait plus rien de toi ?