Pourquoi je dis oui alors que je pense non
Quelqu'un demande. Tu réponds oui. Une demi-seconde après, tu le regrettes déjà.
Tu n'as pas changé d'avis, tu savais en le disant. Le oui est parti avant toi. Cette demi-seconde, c'est la partie qui me touche.
Ce qui s'y passe va plus vite qu'une décision : la demande arrive, un silence s'ouvre, et ce silence est insupportable. Le oui ne répond pas à la question, il ferme le silence. Ensuite tu portes la chose toute la semaine, et le samedi tu la fais en te disant que la prochaine fois, ce sera non.
Et quand tu refuses vraiment, tu ne refuses pas en deux mots. Tu expliques, tu donnes la raison, la contrainte, l'exception. Une phrase longue dit toujours la même chose : ce non-là se discute. L'autre répond à ta raison, tu en trouves une autre, et souvent tu finis par dire oui quand même, avec en plus le sentiment d'avoir triché. Ce n'est pas une question de courage. C'est le silence, juste avant, que tu ne supportes pas.
Le oui ne répond pas à la question, il ferme le silence.
Je me demandais…
Qu'est-ce que tu as peur de perdre, si un jour tu dis non sans rien expliquer ?