Pourquoi je remets tout à demain, tous les jours
Il est 22 h. La chose que tu devais faire aujourd'hui est toujours là. Tu te dis demain, et quelque chose se relâche dans ta poitrine, comme si c'était réglé.
Ce relâchement dure à peu près dix minutes. C'est la partie que personne ne raconte, parce qu'elle est trop courte pour qu'on s'en souvienne le lendemain. Tu n'as pas remis la chose à demain : tu as acheté dix minutes de calme, et tu les as payées avec une nuit où elle a grossi.
Avant ça, il y a eu un vrai moment. Tu as ouvert le dossier, ou approché le téléphone, et quelque chose est monté dans le ventre. Puis la phrase, toujours la même : je ne suis pas dans le bon état pour ça.
Le mot paresse ferme la question avant qu'elle s'ouvre. Ce qui s'est passé marche très bien à court terme, et c'est exactement pour ça que ça revient. Le coût n'est pas là où tu le comptes. Il est dans le fait que la chose occupe maintenant toute la journée au lieu des deux heures qu'elle demandait. Tu ne l'as pas faite, et tu ne l'as pas oubliée non plus.
Tu n'as pas remis la chose à demain, tu as acheté dix minutes de calme.
Je me demandais…
Qu'est-ce que tu protèges, tous les soirs, en attendant d'être dans le bon état pour commencer ?